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Coups de coeur Musique & Films 2015

ZiKLiBRENBiB

La musique libre s'invite à la médiathèque !
Découvrez la playlist du site associatif Ziklibrenbib...


Merlot / Euraoundzeweurld

Malice autour du monde

 


Merlot "Euraoundzeweurld" par GommetteProduction

 
Merlot / Euraoundzeweurld (Little Village, dist. Harmonia Mundi, 2015)

 

Merlot alterne les albums pour adultes et ceux pour enfants. Le cru 2015, paru chez le tout nouveau label jeunesse d'Harmonia Mundi, "Little Village", et illustré par Joëlle Jolivet, appartient à la seconde catégorie. Il porte un titre difficile à lire mais évident à prononcer, lancez-vous, vous allez voir : Euraoundzeweurld ! Merlot se prénomme Manuel, donc "il vient de quelque part" comme tout le monde (le titre "Pépé" rend hommage à ses origines espagnoles), et il est en transit pour un autre pays et ailleurs encore... On tourne avec lui autour de la planète en 18 titres et presque autant de genres musicaux. Ou comment faire, à neuf ans, de la géographie, de la démographie, de la météorologie environnementale, de la politique internationale, de la gastronomie du monde tout en apprenant cinq langues en une heure de musique. Merlot s'amuse du vocabulaire géographique avec une désinvolture pour le moins désarmante. A la façon d'un Boby Lapointe (la délicieuse chanson "La prof de géo" enfile les calembours comme autrefois "Saucisson de cheval") qui aurait rencontré Manu Chao, il relève chacun de ses petits plats musicaux d'un soupçon d'ironie à laquelle petits et grands ne sauraient rester insensibles.

Dark as Night / Nahko & Medicine for the People

Folk-Word amérindienne : de la médecine pour l'âme

 

 
Nahko & The Medicine People / Dark as Night (Soulbeats records, dist. Harmonia Mundi, 2013)

 

Il est en ce moment une voix qui résonne, défendant la liberté de vivre comme bon nous semble, la défense d'une nature intacte et fragile à la fois, la préservation des grands espaces... Une voix, pleine de douceur et de conviction, qui a déjà fait le tour des Etats-Unis... Cette voix, c'est celle de Nahko and Medicine For The People... Deux albums parus : On the verge (2010) et Dark as Night (2013). Nahko Bear est issu d'un métissage entre la culture Apache et portoricaine ; l'Amérique coule dans ses veines, avec toute la force et la diversité que cela peut représenter. Sa musique voyage entre la pop, le folk et parfois même le reggae, et dans ses textes on découvre son attachement particulier à la philosophie de Bob Marley qui était de rassembler les hommes et d'effacer les différences. Pour lui, la musique doit créer un environnement propice à la guérison, à l'entente entre les peuples mais aussi à faire bouger les choses. Qu'elles soient sociales, philosophiques ou environnementales, les préoccupations de Nahko sont aussi les nôtres. C'est cette simplicité, cette proximité que le public apprécie, ce sont aussi ces textes poétiques et engagés, cette musique vivante et puissante qui ont fait que Nahko est aujourd'hui devenu un artiste incontournable de la scène folk américaine. Ses deux derniers albums, « On The Verge » et « Dark as Night », sont bruts de décoffrage et nourris de la vitalité et de la sensibilité de Nahko. Découvrez cet artiste, son groupe, ses albums et son univers bien particulier qui rappelle les grandes heures de John Butler Trio ou encore Xavier Rudd. Aux Etats-Unis, les musiciens sont déjà adoubés aux quatre coins du pays, et le phénomène arrive enfin en France. Alors n'attendez pas, jetez-y une oreille à Nahko et laissez-vous emporter...

The Race for Space / Public Service Broadcasting

Propagande du passé et musique du futur

 

 
The Race for Space / Public Service Broadcasting (Textile Records, Differ-Ant Distribution, 2015)

 

Le duo anglais 'Public Service Broadcasting' a la particularité de puiser sa matière première sonore dans les archives du British Film Institute. Deux ans après leur premier album, qui samplait des reportages sur la première expédition sur l'Everest, la création de l'avion Spitfire, ou l'arrivée de la télé en couleur dans les foyers, voici 'The race for space'. L'album s'ouvre sur un discours de John F. Kennedy en 1962, qui inaugure la conquête de l'espace, puis décline quelques épisodes de cette fameuse course vers les étoiles qui vit s'affronter de 1957 à 1972 les USA et l'URSS, à coups d'exploits scientifiques et de propagande idéologique. Le duo entrelace son electonica hypnotique, dansante comme du Kraftwerk rétro-futuriste (???) et ses guitares progressisves, autour de voix qui commentent 'en direct' les vols spatiaux, la catastrophe d'Apollo 1 ('Fire in the cockpit'), le premier alunissage, etc. En prime, l'album comprend deux pochettes : au recto les USA, au verso l'URSS. La guerre froide est achevée depuis longtemps, mais il n'est pas trop tard pour choisir son camp !

Mama Rosin / Bye bye bayou

La Suisse en Louisiane

 

 
Bye Bye bayou / Mama Rosin (Moi j'connais, L'Autre distribution, 2012)

 

Qualifiés par les Inrocks de "meilleur groupe suisse du monde", les Genevois rigolos de Mama Rosin ont choisi leur exotisme en Louisiane et ont trouvé leur nom dans une chanson cajun de 1956... Selon Cyril Yeterian, l’accordéoniste du groupe : “On a commencé il y a cinq ans dans des bars, on a toujours adoré la musique vivante, les chants de marins. Un jour, dans un festival français de musique trad, ambiance lutherie, on a croisé des vieux punks anglais édentés qui reprenaient des morceaux cajuns. Cette musique, le vieux folk francophone de Louisiane, pour résumer, nous a semblé encore plus forte que le blues. On a commencé à l’apprendre, sans chercher à imiter, mais en se demandant ce qui nous touchait là-dedans. Au début, tu sais ce que tu aimes, mais tu ne sais pas où aller.”

Ils ont voulu faire croire avec le titre de leur cinquième album qu’ils avaient tourné le dos à la Louisiane. Mais si "Bye bye bayou" a été enregistré à New York par le gourou du blues Jon Spencer, il jongle toujours aussi bien entre texte en français acadien et instruments de musique typiques, banjo, harmonica ou mélodéon (petit accordéon), c’est une véritable fête endiablée aux références ethniques éclatées mais hautement séduisantes. Le résultat, "Bye bye bayou" est une bombe de groove inédit qui reflète près d’un siècle de musique "populaire", du rythm’n’blues au punk avec toujours en filigrane la couleur chaude des zydécos de la Louisiane.

Notre Monde / un film de Thomas Lacoste - 2 DVD + 1 livre


La "vraie" politique : pour que chacun de nous se mêle de notre monde

 

 
Notre Monde / un film de Thomas Lacoste - 2 DVD + 1 livre (La Bande Passante/Agat films, 2013)

 

Qu'est-ce que la politique ? Pas celle du lointain débat politicien, mais celle qui consiste pour chacun de nous à comprendre la Cité qu'il habite et prendre part à la vie collective ? Cela suppose, comme le préconnisait Gébé dans une formule restée célèbre, de "s'arrêter, faire un pas de côté, et réfléchir". Ce film unique en son genre offre un flux de trois heures de réflexions politiques accessibles et directes, boîte à outils pour comprendre "Notre monde". Luc Boltanski, Michel Butel, Françoise Héritier, Jean-Luc Godard, Toni Negri, Jean-Luc Nancy, Etienne Balibar... 35 personnalités, philosophes, sociologues, économistes, magistrats, médecins, universitaires et écrivains, répondent face caméra, comme s'ils s'adressaient à chaque spectateur, à la question : Dans quel monde vivons nous, et comment pouvons nous le rendre plus juste, plus fraternel, plus sensible ? Le tournage du film a lieu à Paris au moment des dernières élections présidentielles, en avril 2012 à la Maison des Métallos, à l'École normale supérieure (ENS), et la scène finale du film se déroule rue des Tournelles. En fil rouge, l'actrice Marianne Denicourt lit des extraits de 'Trois femmes puissantes' de Marie NDiaye.

Ibeyi / Ibeyi

Soul cubaine et expérimentale

 

 
Ibeyi / Ibeyi (XL recordings/Beggars Banquet, Wagram 2015)

 

Lisa-Kainde et Naomi Diaz, à peine 40 ans à elles deux, sont jumelles, d’où leur nom de scène : "ibeyi" signifie jumeau en yoruba, cette langue majeure sur l’île de Cuba, où les esclaves venus du Nigeria et du Bénin l’implantèrent ainsi que leur religion et leur musique. Nées et demeurées à Paris, elles sont vénézuéliennes par leur mère et cubaines par leur père, le percussionniste Anga Diaz, membre d'Irakere et du fameux Buena Vista Social Club. Mort en 2006 à 45 ans, il a infusé à ses filles un héritage mis a profit sur leur premier album. Pourtant leur musique est loin de se limiter aux rythmes cubains. Leurs inspirations sont hétéroclites et d'une admirable fraîcheur : les voix des jeunes filles s'harmonisent naturellement a capella dans des échos de la tradition gospel, aussi bien que cadrées par le son du cajon (instument de prédilection de leur père) ou enveloppées dans des nappes électroniques qui rappellent Björk ou CocoRosie.

Jean-Pierre Andrevon : Chansons (vol. 1 à 4)

Chanson engagée prête à reprendre la Bastille (de Grenoble)

 

 
Jean-Pierre Andrevon : Chansons (vol. 1 à 4) (Vecteurs Bis, 2007, 2008, 2011, 2014)

 

Les admirateurs des romans de science-fiction du Grenoblois Jean-Pierre Andrevon (le célèbre 'Gandahar' et quelques douzaines d'autres), ou les lecteurs de ses chroniques cinématographiques hebdomadaires dans 'Les Affiches', ou encore ceux qui ont dévoré ses sommes érudites consacrées au cinéma fantastique (le fabuleux '100 ans et plus de cinéma fantastique et de science-fiction', ed. Rouge Profond, 2013), ont peut-être encore à découvrir son travail d'artisan de la chanson. Auteur-compositeur-interprète à l'ancienne, libertaire, amoureux, poétique, joyeux même dans le désespoir, il voue un culte à Brassens et à d'autres moins connus (Tachan, Beaucarne...), raille le temps qui passe en grattant sa guitare, et chante ses engagements politiques, ses voisin(e)s, ses illusions et désillusions.

Sur son site, il présente ainsi le premier recueil de ses chansons (quatre ont suivi, tous enregistrés chez lui) : "Pour ceux qui l’ignoreraient, mes efforts créatifs ne s’expriment pas seulement par le dessin, la peinture et l’écrit, mais aussi par la chanson. Eh oui, depuis mon plus jeune âge, à savoir mes 15/16 ans j’ai, comme beaucoup d’ados de cette époque, acheté une première guitare, pour interpréter les chansons de mes idoles d’alors : Brassens, Brel, Félix Leclerc, Jean-Claude Darnal, Le Déserteur de Boris Vian, et surtout le répertoire quasi-complet d'un auteur-compositeur-interprête que j'ai toujours considéré comme un phare, un (grand) frère, bien oublié aujourd'hui, devenu trente ans plus tard un ami avant de faire comme tout le monde - mourir. Son nom : Stéphane Golmann."

Henry Butler, Steven bernstein & the Hot 9 : Viper's Drag


Nouvelle (et éternelle) Orléans, là où le jazz se réinvente depuis 120 ans

 

 
Henry Butler, Steven bernstein & the Hot 9 : Viper's Drag (Impulse !, dist. Universal, 2014)

 

Le label Impulse !, créé en 1960, est, aux côtés de Blue Note, le plus important de l'histoire du jazz moderne - c'est ici notamment que Coltrane enregistra ses chefs-d'oeuvre. Après un hiatus de 25 ans, le label est ressuscité aujourd'hui par un Français, Jean-Philippe Allard, longtemps en charge d'Universal Jazz France. Outre de somptueuses rééditions, sa première sortie originale est cet étourdissant 'Viper's Drag', du nom d'un rag fameux de Fats Waller, entre recréation et récréation.

 

Aveugle de naissance, pianiste et chanteur virtuose, Henry Butler est un véritable conteur d'histoires avec son jeu traversé tour à tour de sonorités jazz, caribéenne, classique, pop, blues ou encore R'n'B. En s'installant à Brooklyn après avoir quitté la Nouvelle-Orléans suite à l'ouragan Katrina, le musicien ne pouvait manquer de collaborer un jour ou l'autre avec le trompettiste Steven Bernstein. Accompagnés de leur formation de choc, the Hot 9, baptisée en référence aux mythiques combos de Louis Armstrong, ils prennent ensemble la musique traditionnelle de la Nouvelle-Orléans comme point de départ pour mener des expériences de toutes sortes, passant du blues du début du 20ème siècle à d'époustouflantes improvisations.

Patrick Vian : Bruits et temps analogues


Un nom célèbre, un prénom inconnu, et un pionnier de l'électro

 

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Patrick Vian : Bruits et temps analogues (Staubgold 1976, rééd. CD 2013

 

Boris Vian jouait de la "trompinette" et ne jurait que par le jazz ; son fils Patrick, né en 1942, découvrit quant à lui le rock contestataire en 1968 et fonda le groupe "Red Noise". Puis, il amorça un virage vers l'électronique avec son unique album solo en 1976, "Bruits et temps analogues". Cette bizarrerie ancrée dans son époque aurait-elle bénéficié d'une réédition en 2013 si le patronyme du musicien n'avait pas été aussi fameux ? Peut-être pas, mais c'eût été regrettable ! Car, à part sans doute la peinture SF à l'aérographe qui orne sa pochette, désormais très kitsch, cet album n'a guère vieilli. Il réjouira les curieux et les amateurs des pionniers de l'électro (Vangelis, Kraftwerk...)

 

Patrick Vian aux claviers (Moog 2C, ARP 2600, Moog Sequencer et piano) s'est accompagné du musicien jazz Mino Cinelu (qui a joué avec Gong, Weather Report, Miles Davis, Stevie Wonder et même Bernard Lavilliers) à la batterie et percussions, de Georges Granier au Fender Rhodes et marimba, et de Bernard Lavialle (Ame Son) à la guitare, pour créer une musique hybride et expérimentale entre world / jazz (le morceau "Bad blue" swingue terriblement !) et musique électronique, à l'époque où cet adjectif signifiait "expérimental" davantage que "dancefloor".

David Sire : Je est un nous


La chanson "comme un artisan à son établi"

 

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David Sire : Je est un nous (Selenote 2015, dist. L'Autre Distribution)

 

"Je est un nous est mon 8 ème album Une voix, deux guitares, quelques traits soulignés avec parcimonie. Un album minimaliste, sans fioritures ni concessions, tendre, chaleureux et libre. Je l’ai conçu comme un artisan à son établi. C’est en quelque sorte, un album d’ébéniste : je rencontre des hommes et des femmes, avec le bois de leur vie, je façonne des chansons." Un bel album dépouillé, qui s'offre comme seul luxe des illustrations d'Edmond Baudouin, au crayon gracieux, aérien et sensuel.

 

Alchimiste des mots, poète de la rencontre, troubadour moderne, David Sire, auteur-compositeur-interprète atypique, dessine depuis une douzaine d'années une trajectoire artistique à contre-courant. D'abord au sein du groupe "Drôle de Sire" puis en son nom propre notamment pour de sympathiques albums pour enfants (L'Arpenteur, C'est de famille, Niet Popov...), David Sire s'aventure sur le chemin d’une contre-culture, avec les moyens du bord et du coeur. En marge des grandes autoroutes artistiques, il invente une économie plus artisanale, plus sobre, plus lente mais sans doute plus raisonnable. David Sire, une sorte de Pierre Rabhi de la chanson...

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