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Coups de coeur Musique & Films 2014

ZiKLiBRENBiB

La musique libre s'invite à la médiathèque !
Découvrez la playlist du site associatif Ziklibrenbib...


Mountain Men Chante Georges Brassens / Mountain Men

Brassens le bluesman !

 

 

Mountain Men Chante Georges Brassens / Mountain Men (Echo prod, Play it again Sam, 2013)

 

Les Mountain Men, duo franco-australien bien connu à l'Odyssée où il s'est produit plusieurs fois, se compose du chanteur-guitariste Mr. Mat et de l'harmoniciste-clown blanc Barefoot iano. Les deux compères reviennent là où on ne les attendait pas, et où pourtant l'évidence de leur interprétation saute aux oreilles : un hommage à Brassens. Dans ce double album enregistré en public pour Radio Sing-Sing, leur énergie, leur gouaille, leur humour, leur improvisation, leurs tripes et leur trip... en un mot leur blues est tout entier au service du répertoire indémodable de Tonton Georges. On redécouvre intact, même si on ne l'avait jamais oublié, l'art de Brassens. Sa délicatesse (Dans l'eau de la claire fontaine) aussi bien que son incongruité (Le gorille), sa poésie (Testament), sa force subversive (Hécatombe), sa joie conviviale (Les copains d'abord)... Brassens, qui adorait le jazz, renait une énième fois, en bluesman.

In The Silence / Asgeir

Folk-eletronica qui venait du froid

 

 

In The Silence / Asgeir (One little indian-Because Music, 2014)

 

Il est né en Islande en 1992, son nom est Ásgeir Trausti Einarsson, mais il a la sagesse de tenter de se faire connaître sur le marché international par son seul prénom. Asgeir publie "In the silence", pépite électro-folk qui suit les traces d'illustres ainés comme Bjork, Sigur Ros ou The Sugarcubes. Il s'agit en réalité de la version anglophone du premier album de ce jeune artiste à la voix haut perché, "Dýrð í dauðaþögn" (2012), plus grand succès discographique de tous les temps dans son pays. Les paroles en islandais, écrites par Einar Georg Einarsson, propre père d'Asgeir, ont pour l'occasion été traduites par le chanteur américain John Grant... qui s'est installé en Islande.

Axiom / Archive

Rock progressif en images

 

 

Axiom / Archive (Cooperative music, dist. PIAS, 2014)

 

Darius Keeler et Danny griffiths ont formé à Londres en 1994 le groupe Archive, entre trip hop et rock progressif. Vingt ans et dix albums plus tard, ils en sont toujours les piliers, faisant appel à différents renforts selon les projets, notamment pour les parties chantées - quatre voix, ici. Ils qualifient Axiom de "projet le plus ambitieux". C'est qu'Axiom n'est pas seulement le titre de leur nouvel album, mais aussi d'un film de 40 mn, présent en DVD aux côtés du CD. Le moyen métrage noir et blanc déploie une science fiction oppressante, entre 1984 et V pour Vendetta, tournant autour d'une dictature et de ses opposants. Il a été réalisé par une équipe de clipeurs espagnols, NYSU, dont les affinités avec les deux Anglais sont évidentes.

 

On a souvent comparé Archive à Pink Floyd, comme si Keeler et Griffiths incarnaient la continuation au XXIe siècle des aventures sonores et des narrations psychédéliques de la bande Gilmour, Waters and co. Certes la filliation entre The Wall et Axiom est flagrante, avec leurs atmosphères anxiogènes, leurs expériences bruitistes et leurs instruments inhabituels (dans Axiom le tintement lancinant d'un clocher d'église joue un rôle particulièrement dramatique), leurs thèmatiques entre oppression et émancipation, et leur souci commun de délivrer un spectacle total, cinématographique, sons et images. Mais The Wall se déployait sur un double album, et on peut regretter la chiche durée (7 titres, 40 mn) d'Axiom. Mais ces sortes de beautés s'écoutent plusieurs fois, en boucle...

Blizzard / Fauve

Slam manifeste


 
Blizzard / Fauve (La Baleine, 2013)

 

Collectif mystérieux né en 2010, Fauve compte aujourd'hui cinq membres permanents, et conjugue musique, vidéos, photos, textes, visuels, web...

Sorti en mai 2013 comme proue du projet, Blizzard est le premier EP du groupe, mise en bouche en attendant le premier (et double) album, "Vieux frère", en 2014. Le slam couleur fauve est jeune et beau et fier et vif, écorché, révolté, rock n' roll, à la fois soigné et cru. Le genre de poésie qui joue sur nos nerfs en plus de jouer sur les mots, qui s'écoute puis se ré-écoute, et qu'on finit par garder en tête.

Birds on a wire / Rosemary Standley & Dom La Nena

Une voix + un violoncelle = la grâce

 

 

Birds on a wire / Rosemary Standley & Dom La Nena (Air Rytmo - dist. L'Autre Distribution, 2014)

 

Une histoire de rencontres. Celle d'abord d'une chanteuse, Rosemary Standley, et d'une productrice de spectacles, Madame Lune, qui ont l'envie de monter un duo de reprises composé uniquement d'une voix et d'un instrument. Dominique Pinto alias Dom La Nena, toute jeune violoncelliste et chanteuse aux multiples talents rejoint alors la chanteuse de Moriarty. L'alchimie est immédiate : dès la première répétition domine l'impression qu'on a affaire là à deux soeurs qui auraient passé leur jeunesse à jouer de la musique dans la même chambre, le soir, à la lueur d'une lampe de chevet. Entre la franco-américaine et la brésilienne, les répertoires s'échangent et s'entrechoquent : classique, folk, traditionnel américain ou argentin ; en italien, anglais, réunionnais, espagnol, arabe. De Henry Purcell à Tom Waits en passant par Stefano Landi, Violetta Parra ou encore Léonard Cohen... Birds on a wire ? Deux oiselles perchées, dont le plumage se rapporte au ramage : le livre accompagnant le disque est lui aussi un magnifique et délicat recueil de sources héteroclites (tableaux et gravures accompagnent les textes des chansons), précieusement agencé.

Bambi galaxy / Florent Marchet

Opéra pop tragique et cosmique

 

 

Bambi Galaxy, Florent Marchet (Play it again Sam, 2013)

 

Florent Marchet, homme orchestre et voix parmi les plus originales de la nouvelle chanson française, élargit sacrément ses horizons : après Gargilesse (son premier album en 2005 portait le nom de cette commune d'Indre) et Courchevel (dernier album en date, 2010), il se propulse aux confins de la galaxie.

 

Les 12 chansons de cet album atmosphérique et funky, électonique et ambitieux, dessinent une fiction, qui, sous des dehors de space-opera, n'est pas sans rappeler le ton, entre désillusion caustique et tragédie existentielle, des deux concept-albums que Marchet a réalisé avec l'écrivain Arnaud Cathrine : Rio Baril et Frère animal. L'avant-dernier titre, Apollo 21, parlé et non chanté, est le journal intime d'un exilé de l'espace, en route vers une colonie extra-solaire. Il laisse derrière lui une planète terre que l'on devine dévastée, mais ce qui l'attend n'est pas moins angoissant. "Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie", disait déjà Pascal au XVIIe siècle. Le destin de nos névroses est l'espace intersidéral.

Rue de la petite vie / Nuages de swing

Guitare swing, locale quoiqu'universelle


 

Rue de la petite vie, Laurent Courtois et le Quintette Nuages de swing (autoproduit, 2013)

 

Le 3e album de Nuages de Swing, le groupe jazz manouche du guitariste et compositeur grenoblois Laurent Courtois, voit les choses en grand et en relief : un livre de 32 pages au format 21/21 cm, avec fac-similés, partitions collectors, cadeaux-surprises et pop-up ! En plus du CD contenant 12 compositions oroginale, un second CD bonus, "Django Swing", où Nuages de swing honore ses racines et joue Django Reinhardt.

 

Laurent Courtois, guitare compositions, design graphique
Jean-Marc Michel, accordéon
Fabrice Bon, clarinette
Vivien Garcia, guitare rythmique
Jérôme Chartier, contrebasse
Hélène Avice, contrebasse
Laurent Chofflet, batterie

Je hais les gosses ! / Entre 2 caisses chante Allain Leprest

Chansons pour enfants mal élevés et poètes

 

 

 

Je hais les gosses ! / Entre 2 caisses chante Allain Leprest (Tacet, dist. L'Autre distribution, 2013)

 

Depuis la tragique disparition d'Allain Leprest en 2011, les hommages n'ont pas manqué, pour ne pas oublier qu'il fut l'un des immenses auteurs-compositeurs-interprètes de la chanson française. Mais aucune de ces révérences n'a su être aussi jubilatoire et déjantée, et par conséquent aussi vivante, que cet album que le groupe iconoclaste Entre 2 caisses a consacré au répertoire de Leprest... en l'adressant aux enfants, comme s'ils en étaient le public originel. Certes, Leprest avait su autrefois chanter pour et avec des enfants (le conte musical "Pantin Pantine", avec Romain Didier), mais le groupe de "chantistes" comme il aime à se présenter, a fait ce choix avant tout parce que l'enfance est au coeur des chansons que Leprest a écrites pour les adultes (et pour lui-même), que ce soit en évoquant ses propres souvenirs d'enfance (Au p'tit Ivry, Maman...), en jouant sur les mots (SDF, chanson poignante et cependant ludique comme un acrostiche), ou en jettant sur l'enfance des autres un regard poétique, empathique et terriblement humain (C'est peut-être Mozart...). Ironiquement, le titre de l'album est puisé de l'une de ses chansons les plus poil-à-gratter : "Dès que l'enfant paraît, j'me casse / J'peux pas sentir les pue-la-pisse / J'leur mords les joues quand j'les embrasse / Et quand ils pleurent j'leur pince les cuisses ! C'est mon truc, c'est mon sacerdoce... Je hais les gosses !" En concert, les enfants sont pliés en deux...

Jesus' blood never failed me yet / Gavin Bryars

Chanson d'ivrogne pour grand orchestre


 
Jesus' blood never failed me yet, Gavin Bryars (Point Music - dist. Universal, 1993)

 

Voilà sans doute le plus bizarre et inclassable de tous les CD inclassables et bizarres de la médiathèque ! Du caniveau jusqu'aux étoiles. En 1971, le compositeur et contrebassiste Gavin Bryars recueille des chansons interprétées par des clochards de Londres pour un projet de film. Parmi ces enregistrements, deux phrases d'un chant religieux, un psaume de comptoir fervent et chevrotant, l'obsèdent : Jesus' blood never failed me yet (le sang de jésus ne m'a encore jamais trahi). Au terme de décennies de travail, il en donne cette version finale de 74 minutes pour bande magnétique et grand orchestre, dirigé par Michael Riesman (chef d'orchestre du Philip Glass Ensemble). La voix du SDF anonyme, en boucle hypnotique, trouve là non seulement son écrin symphonique mais un miroir universel, une voix rauque bien connue : le "thème" est repris dans le dernier mouvement par Tom Waits en personne, qui s'y connaît en rengaines inspirées, mélancoliques et alcoolisées. Le résultat est extraordinaire, proprement "inouï", sublime pour peu qu'on ne craigne pas les transes répétitives...

LCS (Le Contre-Savoir) / L'Armée des ombres

Rap engagé


 
LCS (Le Contre-Savoir), L'Armée des ombres (A2m productions, 2013)

 

Non, le rap français n'est pas (qu') une affaire de bogosses bodybuildés bling-bling narcissiques, s'adressant aux moins de 12 ans sur Skyrock. Ceux qui auraient oublié que le rap est d'abord un commentaire social, balancé avec véhémence, style, et, en option, humour, sont invités à tendre l'oreille au Contre-savoir. Ce quatuor grenoblois (Mr Ju le MC, Dr C aux drums & beats, Dj One Finger, et El Nino le bassiste) prend le temps de peaufiner ses productions : son second album, L'Armée des ombres, sort dix ans après le premier. En échantillon ci-dessus : le titre Collabos, qui en trois couplets énumère un ahurissant chapelet de clichés racistes qui sonnent comme une terrifiante doxa populiste. Quiconque les prononcerait (ou les penserait) au premier degré serait taxé de "collaborateur" passif... A bon entendeur ?

Will the guns come out / Hanni El Khatib

Tradition garage


Will The Guns Come Out, Hanni El Khatib (Because music, dist. Warner, 2011)

 

Hanni El Khatib est né en 1981 à San Francisco. Fils unique, rejeton d’un père palestinien et d’une mère philippine, arrivés aux Etats-Unis dans les années 70. Ses parents se sont connus en Amérique et ne communiquaient qu’en anglais. Peut-être qu’ils se disaient des trucs comme “ouap bap a loo bop a lop bam boom”. “Mes parents sont fiers de leurs cultures, mais ils se sont vraiment assimilés au modèle américain. L’identité a été une question pour moi en grandissant. Mais avec mon éducation, je suis devenu plus qu’américain.” C’est-à-dire : fasciné par l’âge d’or de la culture américaine, la décennie 55-65, en gros. “Tout le monde est nostalgique de cette époque, ça avait l’air plus cool au quotidien, même s’il y avait des tensions sociales et politiques. La société évoluait, il y avait de l’invention dans tous les domaines, y compris la musique, qui était plus pure et sauvage qu’aujourd’hui. L’esthétique, le design de cette époque sont devenus iconiques.”

 

Hanni El Khatib est très branché 64. Pas les Pyrénées- Atlantiques, mais l’année : il roule dans une Rambler de 1964 et joue sur une guitare Silvertone de la même année. Et son disque sonne comme une réplique de la bande-son de cette époque charnière, quand les groupes de la British Invasion bousculaient les pionniers du rock’n’roll et du rhythm’n’blues. En somme, Hanni El Khatib n’a pas inventé la poudre mais il a très envie d’y refoutre le feu. Il a tout compris au monde moderne, à l’importance de l’image, au marketing de la musique. Soit, il surjoue un peu le côté blouson noir.

 

(c) Stéphane Deschamps, Les Inrockuptibles

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