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Coups de coeur DVD 2013

Alexandre Astier / Que ma joie demeure !

Tout public à partir de 12 ans.

 

 

Alexandre Astier, « Que ma joie demeure ! », DVD éd. Regular (dist. Universal), 2012

L’austère Jean-Sébastien Bach (1685-1750), monumental compositeur, inépuisable matrice autour de laquelle gravite toute l’histoire de la musique classique occidentale, ne passe pas particulièrement pour un rigolo. Alexandre Astier, comédien et réalisateur, parvenu à la célébrité grâce à la série télévisée Kaamelott, si. Leur rencontre est inattendue ! Pourtant Astier n’est pas seulement un acteur désopilant, héritier de Louis de Funès, et un auteur burlesque finaud. Il est également musicien - les musiques de Kaamelott, c’était lui aussi. Il nourrit de longue date une passion pour l’auguste « cantor » de Leipzig. L’idée lui est venue de revêtir le costume et la perruque du maître pour un one man show, ou pour mieux dire une master class mi-sérieuse mi-parodique, incarnation bien sûr infidèle mais très affectueuse. Astier parle, professe, râle, s’enivre, joue du clavecin et de la viole de gambe… Il vulgarise, au meilleur sens du terme, la musique de Bach au prétexte d’une conférence, parfois hilarante et parfois émouvante. Les aspects tragiques de la vie de Bach, qui eut vingt enfants, dont dix morts en bas âge et quatre futurs compositeurs, ne sont pas occultés, pas plus que la trivialité (les querelles avec ses commanditaires, ou avec ses élèves, qui lui valurent de faire un peu de prison), mais le fil du récit revient toujours à la lumière, au sublime, à la musique. Le DVD qui a capté ce spectacle est accompagné d’un livre fort instructif, signé Gilles Cantagrel, sommité es-Bach, garantie irréprochable, quoiqu’amusée, de sérieux musicologique.

Nina Paley / Sita chante le blues

Tout public à partir de 12 ans.

 

 

Nina Paley, Sita chante le blues, 2008, DVD éditions Potemkine

 

C'est en mélangeant qu'on invente. L'animatrice américaine Nina Paley a mixé dans son premier dessin animé de long-métrage, Sita sings the blues, des inspirations et des techniques d'une prodigieuse diversité : mythologie millénaire + swing de l'âge d'or du jazz + autofiction. Le résultat, d'une inventivité de chaque instant, est un régal pour les yeux et les oreilles.

 L'histoire initiale, contée ici par de malicieuses figures de théâtre d'ombres qui se chamaillent, est celle du Râmâyana, poème épique célébrissime dans la culture indienne, selon lequel le prince Rama répudie injustement sa femme Sita. On comprendra que la pauvre Sita ait le blues. Elle l'a si bien qu'elle le chante, puisque Nina Paley met dans sa bouche des tubes de Annette Hanshaw, chanteuse des années 20. La réalisatrice intercale un épisode de sa propre vie (à la suite d'une rupture, elle se sent délaissée comme la déesse), les narrations se superposent, et l'émotion surgit aussi bien du blues mélancolique que de la comédie musicale de Bollywood...

 Les bonus du DVD révèlent une autre histoire, tout aussi stupéfiante : ce film couvert de prix dans des festivals à travers le monde (grand prix Annecy 2008) a bien failli ruiner son auteur, puisque les ayant droits des fameux blues enregistrés en 1927 lui réclamaient une somme exorbitante, bien supérieure au budget global du film. À la suite d'un combat juridique épuisant, Nina Paley s'est convertie en activiste de « l'art libre », du « copyleft », et de Creative Commons, c'est-à-dire qu'elle autorise quiconque à regarder gratuitement son film sur internet, à le copier, sauvegarder, diffuser, modifier à sa guise !

Morris Engel / Le petit fugitif

Tout public à partir de 10 ans (attention : DVD en version originale sous-titrée en français).

 



Morris Engel, Le petit fugitif, Carlotta/SCEREN-CNDP (collection l’Eden cinéma), 2009

 

L’édition en DVD de ce film réalisé en 1953 par le photographe Morris Engel est comme la découverte du chaînon manquant de l’histoire du cinéma : François Truffaut prétendait que la Nouvelle vague n’aurait pas existé sans le déclic de cette œuvre charnière et pourtant méconnue. De fait, Joey le petit fugitif ressemble à un cousin américain d’Antoine Doinel, héros d’un autre conte de l’enfance cruelle… Persuadé à la suite d’une mauvaise blague d'avoir tué accidentellement son grand frère, Joey, 7 ans, fugue une journée et une nuit dans le parc d'attraction de Coney Island. Livré à lui-même dans un monde voué au divertissement alors qu’il porte la culpabilité d’un faux crime de sang, il est filmé caméra au poing, à la manière d’un documentaire… Les bonus décrivent l'importance historique de ce film, l'influence de la photographie, et le jeu de l'enfant. Des photographies sont sélectionnées mettant en valeur l'histoire de cet art aux Etats-Unis.

La Commune (Paris 1871) / Peter Watkins

Pour adultes.



La Commune (Paris 1871), un film de Peter Watkins, Doriane films, 2001

 

Connaissez-vous la « Monoforme » ? En tout cas, elle vous est familière, très familière, trop familière, à votre insu… Selon l’inventeur de ce concept, le cinéaste anglais Peter Watkins, la Monoforme serait le schéma narratif dominant les productions audio-visuelles du XXIe siècle. Nous regardons un film, un téléfilm, voire un documentaire ou le journal télévisé et nous sentons bien que l’on nous raconte toujours, sinon la même histoire, au moins de la même façon, téléguidant nos émotions et nos réactions.

Afin de briser, par un contre-exemple radical, ces conventions qui standardisent, non seulement l’audiovisuel, mais l’imaginaire des spectateurs, Watkins a tenté une expérience hors norme : son film La Commune est un OVNI cinématographique. Œuvre exigeante de 6 heures, tournée à Montreuil dans les anciens studios de Georges Mélies, cette reconstitution d’une page sanglante de l’Histoire de France est à la fois une critique de la mémoire historique, et du traitement de l’actualité par les mass medias. On y voit des reporters de télévision interroger des protagonistes de la Commune, et des acteurs en costume évoquer l’héritage de cette insurrection, au regard des grèves de 1995.

La médiathèque de l’Odyssée, qui tente à sa manière de résister à la Monoforme, propose à son public un fonds de DVD, certes modeste, comprenant certains films que vous ne verrez pas ailleurs. La Commune (Paris 1871) en fait partie.

Les Primitifs du futur : Concert au new Morning

Tout public


 

Les Primitifs du futur / Concert au new Morning, dimanche 8 novembre 2009 + Documentaire "Les Primitifs du futur" par Jean-Claude Guiter. Universal Classics and jazz, 2011.



Les Primitifs du futur sont bien davantage qu'un groupe : une tribu, assemblée dès les années 80 par le guitariste Dominique Cravic, et dont les membres, une trentaine recensés, vont et viennent au gré des concerts, des albums, des histoires... Dans les rangs de ce singulier all-star-band qui joue du world, du jazz, de la musette, de la chanson, mais avant tout de la musique : Pierre Barrou, Sanseverino, Olivier Ruiz, Jean-Jacques Milteau, Marcel Azzola, Allain Leprest, Raul Barboza, Francis Varis, Mieko Miyazaki, Fay Lovsky, Daniel Colin, Daniel Huck, Mohammed Bazzi, Khireddine Medjoubi, l'écrivain Marc-Edouard Nabe, ou le dessinateur Robert crumb, qui taquine la mandoline et orne toutes les pochettes des CD de son style inimitable.

Les "Primdufs" sortent leur premier DVD : une captation du concert anniversaire (25 ans d'aventures) donné au New Morning, soirée en forme de savant melting-pot, où l'on nous promène du Canal Saint Martin à la Havane, entre valses hindoues et swings parigots, scats délurés et ballades japonisantes. Un live capté lors du "Tribal Musette tour" qui mena les primdufs des routes de France jusqu'aux USA.

Pierrick Sorin, Nantes : projets d'artistes

Pour adultes.

 

 
Pierrick Sorin, Nantes : projets d’artistes, Centre national de documentation pédagogique, 2009

 

Le vidéaste Pierrick Sorin est une gueule de l’art contemporain. Depuis vingt ans ses auto-portraits dérisoires marquent les esprits et les galeries, et suggèrent un art de rire, y compris de soi, parfaitement subversif. En l’an 2000, Nantes, sa ville natale, lui passe une commande dans le cadre des célébrations du nouveau millénaire. Sa réponse est, comme on pouvait l’espérer, à la fois pertinente et impertinente, subtile et désopilante : Sorin réalise un film où il se réinvente sept fois. Il interprète sept artistes européens (plus un présentateur) dont lui-même, déambulant dans la cité, chacun présentant son projet délirant de recomposition du paysage urbain, à coups d’hologrammes, de sculptures, d’architectures, de films amateurs et de yaourts aux fruits. Ce film est une parodie des documentaires à vocation culturelle que l'on peut voir sur des chaînes de télévision versées dans la vulgarisation, tel Arte. La forme emprunte aux codes de ce type d'émission, et le fond est une savoureuse satire (une auto-critique ?) des discours et postures d’artistes. Pourtant, la grande ambition de l’art contemporain est atteinte en douce : le regard que nous posons sur le quotidien en est réellement changé. Cette œuvre authentique qui consiste en œuvres factices a acquis inopinément une légitimité nouvelle en se voyant inscrite au programme du baccalauréat, ce qui nous vaut cette paradoxale édition pédagogique du DVD, aux bons soins du Centre national de documentation pédagogique. En bonus, cinq courts-métrages de jeunesse de Sorin.

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