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Coups de coeur automne 2008

  • Un mariage d’amour de Françoise Bourdin, Belfond -2002

 

 

 

 

 

 

  • Le boulevard périphérique de Henri Bauchau, Actes Sud-2008

 

 

 

 

 

  • Le chant de la mission de John Le Carre (Angleterre), Seuil - 2006, trad 2007


Après la fin de la guerre froide on pouvait craindre que John Le Carré ne puisse se renouveler et qu’il se laisse enfermer dans le roman d’espionnage passéiste avec son personnage récurrent des services secrets britanniques.
Il n’en a rien été. Ses sujets ont évolué en même temps que l’histoire qui lui inspira :

  • "Single et Single" pour la Russie post communiste
  • "Une amitié absolue" : la guerre en Irak
  • "La constance du jardinier": les machinations des multinationales pharmaceutiques voir compte-rendu septembre 2004 dans le classeur du Club de lecture à la médiathèque


Le présent ouvrage a pour cadre le Congo oriental dont JLC, avant de démarrer son sujet, prend soin de nous rappeler l’histoire, véritable symbole de cette Afrique où la mort est banalisée.
Salvo jeune interprète Irlando Congolais travaillant pour "un service gouvernemental sans existence reconnue" est appelé en mission. Officiellement il doit traduire une rencontre entre diverses factions réunies pour ramener la paix …en réalité pour espionner les participants dans leur chambre où les conversations en voix "off " sont plus intéressantes;
Le résultat : 7 cassettes et 4 blocs-notes révélant des secrets d’Etats divulgués, une séance de torture, la préparation d’un putsch moyennant finance, le pillage des ressources naturelles au profit des comptes des multinationales etc...
Tout le monde a les mains sales...Comment Salvo va-t-il réagir? Car Salvo est un pur, capable au nom de sa conscience de ficher sa vie en l’air au nom de "principes démodés".
A travers ce personnage c’est une fois de plus de l’éveil de la conscience et de la morale que John Le Carré nous parle, mais toujours avec ce mélange d’humour et de dérision.

 

 

  • Sheila est morte et vit à New-York de Gail Parent, Payot -1972, trad 2007 et Rivages -2008

 

 

 

 

 

  • Le serment des barbares de Boualem Sansal (Algérie), Gallimard -1999 - Prix du premier roman 1999


Le théâtre de ce roman est une petite ville près d’Alger, véritable symbole de l’Algérie toute entière dont Boualem Sansal dénonce la faillite ; cette Algérie "minée par la confiscation de l’indépendance par le parti unique (…) le traficotage, la religion, la bureaucratie, l’apologie de la mort".
Son ton virulent, féroce, sarcastique est à la mesure de l’amour qu’il porte à son pays contrairement à ce que disent ses détracteurs qui sont nombreux.
Les critiques les plus violentes ne sont pas venues des islamistes et des ultranationalistes comme il s’y attendait mais des intellectuels qui l’ont taxé - "d’agent de la France, nostalgique de la colonisation".
Devenu "persona non grata" dans son pays qu’il refuse pourtant de quitter, même après avoir été limogé de son poste de fonctionnaire, il a encore aggravé son cas avec la parution de son dernier livre.

  • Le village de l'Allemand de Boualem Sansal, Gallimard - 2007 (sous titré "Le journal des frères Schiller" - Grand prix RTL)


Ce roman relie les horreurs de la seconde guerre mondiale à celles de l’ Algérie des années 1990 à travers l’histoire de deux frères fils d’une Algérienne et d’un Allemand.
Le roman s’ouvre sur le suicide de l’aîné. En lisant le journal intime qu’il tenait, son cadet apprend les raisons de ce geste désespéré : revenu dans ce petit village près de Sétif sur la tombe de ses parents massacrés par le GIA en 1994, il découvre que leur père, converti à l’Islam devenu un héros moudjahid puis chef respecté de son village était un ancien officier SS.

Ce village existe vraiment dit Boualem Sansal "je suis tombé dessus par hasard au début des années 80, et découvrir qu’un nazi qui avait œuvré dans les camps de la mort avait participé à la guerre de libération m’a mis mal à l’aise (…) mais parler de l’Holocauste est tabou en Algérie où la Shoah est considérée comme une invention des Juifs".

Par ce livre Boualem Sansal a donc soulevé un problème auquel il n’aurait pas du toucher, le voila maintenant accusé d’être un agent d’Israël.
Ne va-t-il pas trop loin lorsqu’il fait un parallèle entre l’Algérie des années noires et l’Allemagne nazie? Dans les interviews données lors de la parution de son livre il affirme que non et argumente son propos.
Au lecteur de se faire sa propre opinion.

  • L'Africain de Jean-Marie Gustave Le Clézio, Mercure de France - 2004


Avec ce livre Jean-Marie Gustave Le Clézio ne se cache plus derrière la fiction comme dans "ONITSHA " (1991) où il racontait le voyage en bateau d'un garçon partant retrouver en Afrique son père inconnu. Il s'agit ici d'une autobiographie assumée où il prend même soin de ne pas être trop littéraire.
D'une écriture simple et touchante il raconte comment en 1948 à l'âge de 8 ans avec sa mère et son frère avec qui il vivait à Nice, il rejoignit dans la brousse ce père inconnu qui depuis quinze ans y soignait les lépreux.
Ce fut le choc, la rencontre d'un étranger, homme "d'un autre monde", généreux, endurci, admiré et détesté - "père inconnu, étrange, possiblement dangereux" - qu'il ne comprend pas et dont il ne sera jamais proche même lorsqu'ils reviendront tous à Nice (que Jean-Marie déteste) et où son père continuera à vivre selon des principes de militaire britannique.
De l'Afrique reste le souvenir merveilleux des journées totalement libres vécues loin de la férule du père. Une vie sauvage qui fera de l'adolescent timide un étranger quand il reviendra à la "civilisation" dans la Nice des années cinquante où il se sentira - "rejeté de (ses) camarades de classe du fait de
(son) étrangeté (...) en butte à la très grande vulgarité des années lycée" - de tels propos tenus cinquante ans plus tard sont révélateurs de sa personnalité.
Lauréat du prix Renaudot à 23 ans pour "Le procès - verbal" Jean-Marie Gustave Le Clézio a du faire un grand effort de communication mais il demeure un écrivain discret "un peu sauvage" persuadé que - "l’écrivain n’est pas quelqu’un qui a envie d’être en public" -
Le prix Nobel qui vient de lui être attribué ne change rien à sa vie dit-il - "puisque décerné pour des livres qui ont déjà été écrits" - (...) je suis en train d’écrire un nouveau roman je ne vais pas m’arrêter pour çà.

  • Un lieu incertain de Fred Vargas, Vivane Hamy - 2008

 

  • Ma vie pour la tienne de Jodi Picoult (USA), Presses de la cité - 2004, trad 2007

 

  • Train de nuit pour Lisbonne de Pascal Mercier (Suisse de langue allemande), traduit par Nicole Casanova, Maren Sells - 2004, trad 2007

 

  • L'ombre du vent de Carlos Luiz Zafon (Barcelone, scénariste à Los Angeles), trad. par François Maspero, Grasset - 2001- Prix Planeta


Avant ce roman l’auteur avait écrit quatre livres étiquetés "jeunesse" qui dessinaient déjà son univers littéraire. Dans tous, des adolescents passant à l’âge adulte rencontrent le mal et vivent des situations extrêmes ; dans tous il y a des éléments terrifiants tels que l’eau ou le feu.
Cet univers atteint ici toute sa puissance. L’ histoire se passe à Lisbonne dans les années 40 et 50 empreintes de l’atmosphère malsaine du fascisme et de la guerre civile. Un jeune garçon part à la recherche d’un livre oublié dont il est devenu le gardien. Roman initiatique totalement irracontable, composé de plusieurs histoires imbriquées les unes dans les autres avec de nombreux sauts en arrière et dans l’avenir, de manière très théâtralisée, mais qui reste dans le domaine du rationnel. Ce n’est pas un roman fantastique mais un roman à mystères, un roman qui se mérite.

 

  • Un hiver pour aimer de Suzanne de Arriba, Corps 16 - 2007

  • Où on va papa ? de Jean-Louis Fournier, Stock - 2008

Prix Femina 2008

  • Catherine Pancol pour:

Les yeux jaunes des crocodiles, Albin Michel - 2006
La valse lentes des tortues, Albin Michel – 2008

 

 

 

 

  • Mille soleils splendides de Khaled Hosseini, Belfond - 2007

 

  • Sur la route de Tara de Maeve Binchy (Irlande), Presses de la cité - 1998, trad 1999

 

  • Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part (12 nouvelles) de Anna Gavalda, Le Dilettante - 1999

 

 

 

  • Zone de Mathias Enard, Actes Sud - 2008

 

  • La vie en sourdine de David Lodge (Angleterre), Rivages - 2008

 

  • La courée de Marie-Paule Armand, Presses de la cité - 1990

 

 

 

 

  • Gomorra de Roberto Saviano, Gallimard - 2007


Pour ce livre qui raconte les agissements de la Mafia sicilienne l’auteur a du quitter son pays. Un contrat est mis sur sa tête !

 

 

 

 

 

  • Sur ma mère de Tahar Ben Jelloun, Gallimard - 2007


L’auteur relate les dernières années de la vie de sa mère atteinte de la maladie d’Alzheimer.

 

 

 

  • Si je t’oublie Jérusalem de William Faulkner (USA 1897-1962), 1939 (trad 1952), Gallimar - 2007

- Prix Nobel de littérature 1949

Roman expérimental constitué de 2 récits :
"Les palmiers sauvages" relate la vie tragique de deux amants qui sacrifient tout à leur amour mais en vain ; "Vieux père" les aventures "héroîcomiques" d’un forçat qui sur le Mississipi en crue sauve une femme et son enfant et qui ayant trouvé l’amour cherchera à le fuir. Bien qu’aucun fait, aucun personnage ne soit commun à ces deux récits Faulkner fait alterner les chapitres de l’un et de l’autre "c’est ainsi que le livre a été écrit" disait il.
Au lecteur de retrouver les contrepoints et les correspondances qui font que tous deux ne prennent leur sens que dans une perspective commune.
De ce fait ce roman difficile n’est pas à lire en premier par ceux qui n’ont jamais abordé Faulkner. Peut être pourraient ils commencer par "Tandis que j’agonise" d’une construction intéressante mais facile à lire.

  • Le moulin de le dérobade de Annie Degroote, VDB - 2001

 

  • Une famille de Joanna Trollope (Angleterre), Plon - 2004

 

 

 

 

 

  • Syngué sabour : Pierre de patience de Atik Rahimi, POL - 2008

Prix Goncourt 2008

Dans la mythologie perse c’est une pierre magique sur laquelle on peut déverser ses souffrances, ses secrets, ses fautes, tout ce que l’on n’ose pas révéler aux autres. La pierre absorbe les paroles jusqu’à ce qu’elle éclate et que vous vous sentiez délivré.
En somme une confession sans intermédiaire et une absolution sans condition….
"Quelque part en Afghanistan ou ailleurs", une femme est au chevet de son mari dans le coma, depuis quinze jours sur son chapelet elle égrène sans fin les 90 noms de Dieu, ce qui d’après le mollah devrait le ramener à la vie. Puis perdant espoir et surtout patience, se souvenant de l’histoire de la "syngué sabour" elle commence à parler à son mari, chose qu’elle n’a jamais pu faire. Calmement tout d’abord, elle parle puis se rappelant la raison pour laquelle son mari est mourant, la colère l’envahit et les récriminations se succèdent : sa condition de femme soumise et même asservie, son dévouement total sans contrepartie, la lâcheté masculine, son manque de liberté, d’amour,….de plaisir… ce qui l’amène à lui révéler comme à une pierre de patience ses secrets les plus intimes.

 

  • Le cinquième enfant de Doris Lessing, Albin Michel - 1990 (trad 1988)

Prix Nobel 2007

  • Le pouvoir du chien de Thomas Savage (USA 1915), Belfond 2002

 

  • Troix chevaux de Erri de Luca (Italie), Gallimard - 2001


Trois vies de chevaux font la durée de la vie d’un homme.
Pour le narrateur sa première vie se termine en Argentine où il avait rejoint la femme aimée. Elle a payé de sa vie leur combat commun contre la dictature, dont il suffit d’une image pour évoquer toute l’horreur – une femme les mains liées dans le dos, jetée dans la mer du haut d’un hélicoptère –
Comment oublier les crimes, les quarante mille personnes disparues? -« Elle ne s’efface pas de mon corps l’Argentine, peu de poils ont repoussé sur l’ulcère de la guerre et des assassins » -
Revenu dans son Italie natale il entame une deuxième vie : jardinier auprès des arbres symbole de lien vertical entre la terre et le ciel…..
Récit vibrant et poétique en forme de parabole sur le temps et la mort dans lequel on retrouve le style habituel de l’ auteur – dépouillement de la narration, aucun détail anecdotique ou trop réaliste – que met merveilleusement en valeur la traduction de Daniele Valin.

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